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Actualité

À Kananga, l’ONEM veut transformer la jeunesse en force motrice de l’économie congolaise

À l’heure où la République démocratique du Congo cherche à accélérer la création d’emplois et à faire de sa jeunesse un véritable moteur de croissance, la question n’est plus seulement de former les jeunes, mais de connecter leurs compétences aux opportunités, aux entreprises et aux besoins réels de l’économie.

C’est tout le sens du Panel 2 du Festival international Sankayi (#FIS26), consacré à l’« Écosystème entrepreneurial, industrialisation et Programme présidentiel pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, Debout Jeunes Congolais », organisé ce vendredi 14 août à l’Université de Kananga.

Pour cette deuxième journée d’activités, le panel a réuni plusieurs structures stratégiques de l’écosystème entrepreneurial et de l’emploi en République démocratique du Congo : le Coordonnateur du CONAPAS, ainsi que les Directeurs généraux de l’APROCM, de l’ANADEC, de l’AZES et de l’ONEM.

Représentant la Direction Générale de l’Office National de l’Emploi, M. Stanislas a défendu une conviction forte : il ne peut y avoir d’industrialisation durable ni d’entrepreneuriat performant sans un marché de l’emploi structuré, accessible et connecté aux réalités des entreprises.

L’ONEM, une pièce maîtresse de l’écosystème de l’emploi

Dans son intervention, le représentant de l’ONEM a d’abord rappelé les missions essentielles de l’Office : faciliter l’accès à l’emploi, assurer l’intermédiation entre demandeurs d’emploi et employeurs, accompagner les entreprises dans leurs besoins en recrutement et contribuer à une meilleure connaissance du marché du travail.

Une mission qui prend aujourd’hui une nouvelle dimension avec la transformation numérique engagée par l’Office National de l’Emploi.

Loin d’être une simple modernisation administrative, la digitalisation de l’ONEM constitue désormais un levier stratégique pour rapprocher les compétences des opportunités.

Grâce aux outils numériques développés par l’Office, les demandeurs d’emploi peuvent notamment s’enregistrer, renseigner leur profil et accéder aux offres disponibles. Les employeurs, quant à eux, peuvent s’identifier, exprimer leurs besoins en recrutement et publier leurs offres.

Cette transformation vise à réduire les distances, accélérer les procédures et rendre les services de l’ONEM plus accessibles à l’ensemble des acteurs du marché du travail.

Du demandeur d’emploi à l’opportunité : changer le parcours

L’un des messages forts de cette intervention a porté sur l’enregistrement des demandeurs d’emploi et des employeurs, étape fondamentale pour disposer d’un marché du travail mieux organisé.

Car pour rapprocher une entreprise d’un candidat, encore faut-il connaître les deux.

Qui cherche un emploi ? Quelles sont ses compétences ? Où se trouve-t-il ? Quel type de poste recherche-t-il ? Quelles sont les entreprises qui recrutent ? Quels profils recherchent-elles ?

À travers la digitalisation de ses services, l’ONEM ambitionne précisément de répondre à ces questions et de construire progressivement une base de données permettant une intermédiation plus efficace.

Le représentant de l’Office a également insisté sur la publication des offres d’emploi et leur visa par l’ONEM, un mécanisme qui participe à l’assainissement et à la régulation du marché de l’emploi.

L’objectif est de permettre aux chercheurs d’emploi d’accéder à des opportunités clairement identifiées et aux employeurs de bénéficier d’un accompagnement adapté dans leurs processus de recrutement.

Une relation gagnant-gagnant entre entreprises et demandeurs d’emploi

Au-delà de la publication des offres, l’ONEM entend renforcer son rôle d’accompagnateur.

Pour les demandeurs d’emploi, il s’agit de faciliter l’accès aux opportunités et de favoriser une meilleure adéquation entre leurs compétences et les besoins des entreprises.

Pour les employeurs, l’enjeu est de pouvoir identifier plus facilement les profils correspondant à leurs besoins.

L’ONEM se positionne ainsi comme une véritable passerelle entre l’offre et la demande de travail.

Une passerelle devenue d’autant plus importante dans un contexte où les entreprises évoluent rapidement et où les jeunes doivent pouvoir adapter leurs compétences aux transformations de l’économie.

La gratuité, un principe réaffirmé

Devant les participants au panel, M. Stanislas a également rappelé un principe essentiel : les services de l’ONEM sont gratuits.

Cette précision revêt une importance particulière dans un environnement où les jeunes en recherche d’emploi peuvent être exposés à diverses pratiques abusives.

L’Office réaffirme ainsi sa volonté de garantir un accès équitable à ses services et de permettre à chaque demandeur d’emploi de bénéficier des mécanismes publics d’intermédiation sans avoir à payer pour accéder aux opportunités.

L’emploi ne doit pas être un privilège réservé à ceux qui peuvent payer ; il doit être une opportunité accessible à tous.

« Debout Jeunes Congolais » : passer du potentiel à l’action

La participation de l’ONEM à ce panel a également permis de mettre en lumière sa contribution au programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais », initiative portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes.

Pour l’ONEM, l’ambition de ce programme ne peut être dissociée de la nécessité de disposer d’un marché du travail mieux structuré, de données fiables sur les compétences disponibles et de mécanismes efficaces de mise en relation.

Une jeunesse debout doit être une jeunesse informée, formée, connectée aux opportunités et capable de transformer ses compétences en activité économique.

C’est précisément à ce niveau que l’ONEM entend jouer sa partition.

De l’entrepreneuriat à l’industrialisation : la question des compétences

Les échanges du panel ont également mis en évidence une réalité fondamentale : l’industrialisation ne se décrète pas ; elle se construit avec des compétences, des entreprises, des investissements et des emplois.

Les initiatives de promotion de l’entrepreneuriat, de soutien aux PME, de développement des zones économiques spéciales, de sous-traitance et de financement des entrepreneurs doivent nécessairement trouver un prolongement dans la création d’emplois décents et durables.

Dans cette architecture, l’ONEM occupe une position stratégique.

Car une entreprise peut investir, une zone économique peut se développer et un entrepreneur peut créer son activité ; mais sans ressources humaines qualifiées et sans mécanisme efficace de rencontre entre les compétences et les besoins des entreprises, la chaîne reste incomplète.

Kananga, un laboratoire d’une nouvelle dynamique

La présence de l’ONEM à ce panel du Festival international Sankayi traduit également la volonté de l’institution de se rapprocher davantage des jeunes et des acteurs économiques en dehors de la capitale.

Kananga, au cœur du Kasaï-Central, devient ainsi le théâtre d’un dialogue entre institutions publiques, entrepreneurs, jeunes et acteurs du développement autour d’une même question : comment transformer le potentiel de la jeunesse congolaise en véritable richesse économique ?

La réponse passe par plusieurs leviers : l’entrepreneuriat, l’industrialisation, l’investissement, la formation, mais aussi et surtout l’accès à l’emploi et la mise en relation efficace des compétences avec les opportunités.

Une nouvelle philosophie : connecter pour créer de la valeur

Au terme de cette intervention, un constat s’impose : le rôle de l’ONEM évolue.

L’Office National de l’Emploi n’est plus uniquement perçu comme une administration chargée d’enregistrer les demandeurs d’emploi. Il ambitionne désormais de devenir un acteur central de l’écosystème numérique de l’emploi, capable de connecter les jeunes, les entreprises et les opportunités à l’échelle nationale.

À travers sa digitalisation, l’accompagnement des demandeurs d’emploi et des employeurs, la publication et le visa des offres, ainsi que son implication dans les initiatives nationales en faveur de la jeunesse, l’ONEM entend contribuer à bâtir un marché du travail plus transparent, plus accessible et plus dynamique.

À Kananga, le message porté par l’ONEM est donc plus qu’un simple plaidoyer institutionnel : c’est une invitation à changer de paradigme.

Ne plus considérer la jeunesse uniquement comme une catégorie à assister, mais comme une force économique à connecter, à accompagner et à libérer.

Parce qu’au fond, « Debout Jeunes Congolais » ne signifie pas seulement se lever. Il signifie se mettre en mouvement. Et pour que ce mouvement produise des emplois, des entreprises et de la croissance, l’ONEM entend être l’un des moteurs de cette dynamique.

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